Simulateur brut
La formule des intérêts composés
Les intérêts composés désignent le réinvestissement des intérêts, qui produisent à leur tour des intérêts. Pour un capital unique, le capital au bout de n années s'écrit Cn = C0 × (1 + i)^n, où i est le taux annuel.
Avec des versements mensuels réguliers, on ajoute la valeur acquise d'une suite de versements (annuité de fin de période) : V = v × [ (1 + t)^N − 1 ] ÷ t, où t est le taux mensuel équivalent (1 + i)^(1/12) − 1 et N le nombre de mois. Cette calculatrice capitalise mensuellement, au plus près d'un versement programmé réel — à la différence des calculateurs fiscaux du site (PEA, assurance-vie, CTO), qui capitalisent annuellement sur un versement unique.
Exemples chiffrés
200 € versés chaque mois, rendement 5 % par an :
| Durée | Total versé | Capital final brut | Dont intérêts |
|---|---|---|---|
| 10 ans | 24 000 € | ≈ 31 100 € | ≈ 7 100 € |
| 20 ans | 48 000 € | ≈ 82 800 € | ≈ 34 800 € |
| 30 ans | 72 000 € | ≈ 167 000 € | ≈ 95 000 € |
| 40 ans | 96 000 € | ≈ 306 000 € | ≈ 210 000 € |
À 40 ans, les intérêts représentent plus des deux tiers du capital : commencer tôt pèse davantage que verser beaucoup.
La règle des 72
Pour estimer mentalement la durée de doublement d'un capital, divisez 72 par le taux de rendement annuel. À 6 %, un capital double en ≈ 12 ans ; à 3 %, en ≈ 24 ans ; à 9 %, en ≈ 8 ans. Approximation valable pour des taux compris entre 4 % et 10 %.
Intérêts composés et fiscalité
Ce qui compose réellement, c'est le rendement net d'impôt et de frais. Deux exemples de l'impact sur 30 ans :
- Frais : 1 % de frais annuels sur un rendement brut de 6 % réduit le capital final d'environ 22 %.
- Fiscalité : une enveloppe qui prélève 30 % des gains à la sortie fait perdre presque un tiers des intérêts accumulés, d'où l'intérêt du PEA (0 % d'IR après 5 ans) ou de l'assurance-vie après 8 ans.
Rendements réalistes et inflation
Ordres de grandeur historiques de long terme, hors garantie de reproduction : fonds en euros 2 % à 3 %, obligations 2 % à 4 %, actions internationales 6 % à 8 % en moyenne annualisée sur 20-30 ans, avec une forte volatilité. Raisonnez toujours en rendement réel : à 5 % de rendement et 2 % d'inflation, le pouvoir d'achat ne progresse que d'environ 3 % par an.
Intérêts simples ou composés : la différence
Avec des intérêts simples, seuls les versements produisent des intérêts, toujours calculés sur le capital de départ. Avec des intérêts composés, les intérêts s'ajoutent au capital et produisent à leur tour des intérêts. Sur un placement de 10 000 € à 5 % :
| Durée | Intérêts simples | Intérêts composés | Écart |
|---|---|---|---|
| 10 ans | 15 000 € | 16 289 € | +1 289 € |
| 20 ans | 20 000 € | 26 533 € | +6 533 € |
| 30 ans | 25 000 € | 43 219 € | +18 219 € |
| 40 ans | 30 000 € | 70 400 € | +40 400 € |
L'écart, négligeable les premières années, devient le moteur principal de la performance sur un horizon long. La plupart des livrets réglementés et des fonds euros capitalisent les intérêts : ils fonctionnent en intérêts composés.
Fréquence de capitalisation : quel effet ?
Un même taux annoncé produit un résultat légèrement différent selon qu'il est capitalisé une fois par an, chaque mois ou chaque jour. Sur 10 000 € à 5 % pendant 20 ans : capitalisation annuelle ≈ 26 533 €, mensuelle ≈ 27 126 €, quotidienne ≈ 27 180 €. L'écart entre annuel et mensuel existe mais reste modeste (≈ 2 %) ; au-delà du mensuel, il devient marginal. On distingue le taux nominal (celui annoncé) du taux effectif annuel (celui réellement obtenu après capitalisation infra-annuelle) : à 5 % nominal capitalisé mensuellement, le taux effectif est d'environ 5,12 %. Cette calculatrice retient une capitalisation mensuelle, cohérente avec un versement programmé.
Les trois leviers : capital, taux, durée
Le capital final dépend de trois variables. Leur poids n'est pas le même selon l'horizon :
- La durée est le levier le plus puissant sur le long terme, parce qu'elle agit en exposant. Dix années supplémentaires à 6 % multiplient le capital par ≈ 1,8, sans un euro de plus.
- Le taux a un effet fort mais borné par la prise de risque : passer de 4 % à 6 % sur 30 ans multiplie le résultat par ≈ 1,8, mais suppose un portefeuille plus volatil.
- Le capital et les versements ont un effet linéaire : doubler l'effort d'épargne double le résultat, ni plus ni moins.
Conséquence pratique : pour un jeune épargnant, commencer tôt et tenir la durée prime sur le montant versé ; pour un épargnant proche de son objectif, seul l'effort d'épargne bouge encore l'aiguille.
Versements indexés sur l'inflation
La calculatrice suppose des versements constants. Dans la réalité, un versement qu'on augmente chaque année (avec le salaire, ou de 2 % pour suivre l'inflation) change nettement le résultat : 200 €/mois indexés à 2 % par an pendant 30 ans à 5 % produisent environ 220 000 € au lieu de 167 000 € pour un versement fixe. Revaloriser son effort d'épargne, même modestement, est un levier souvent sous-estimé.
Les intérêts composés jouent aussi contre vous
Le même mécanisme s'applique à une dette non remboursée. Un crédit renouvelable (revolving) à 20 % de TAEG double le capital dû en un peu moins de quatre ans si rien n'est remboursé (règle des 72 : 72 ÷ 20 ≈ 3,6). Rembourser une dette coûteuse offre un « rendement » certain égal à son taux — souvent supérieur à ce qu'un placement rapporte. La priorité de tout plan d'épargne est d'éteindre d'abord les dettes à taux élevé.
Erreurs courantes de simulation
- Oublier les frais. Un rendement affiché est presque toujours brut de frais de gestion.
- Oublier l'impôt. Le capital « brut » de la calculatrice sera amputé à la sortie selon l'enveloppe — d'où l'intérêt d'un PEA ou d'une assurance-vie après 8 ans.
- Extrapoler un rendement passé. Une décennie exceptionnelle ne se reproduit pas mécaniquement.
- Négliger l'inflation. 300 000 € dans 30 ans ne valent pas 300 000 € d'aujourd'hui.
- Confondre rendement moyen et rendement annualisé. Après −50 % puis +50 %, on n'est pas revenu à l'équilibre : il reste 75 % du capital.
Questions fréquentes
C'est le principe selon lequel les intérêts générés par un capital sont réinvestis et produisent à leur tour des intérêts. Sur longue durée, l'effet est exponentiel : la part d'intérêts dans le capital final croît beaucoup plus vite que la part des versements.
On additionne deux termes : la valeur acquise du capital initial, C0 × (1 + i)^n, et la valeur acquise des versements, v × [(1 + t)^N − 1] ÷ t, où t est le taux mensuel équivalent (1 + i)^(1/12) − 1 et N le nombre de mois. La calculatrice ci-dessus effectue ce calcul automatiquement.
Une approximation : la durée en années pour doubler un capital est environ égale à 72 divisé par le taux de rendement annuel. À 6 %, doublement en 12 ans ; à 8 %, en 9 ans. Elle est fiable pour des taux entre 4 % et 10 %.
Parce que le temps est le facteur le plus puissant de la formule des intérêts composés. Verser 200 €/mois pendant 40 ans à 5 % produit environ 306 000 € ; commencer 10 ans plus tard (30 ans de versements) ne donne que 167 000 €, alors qu'on n'a versé que 24 000 € de moins.
Cela dépend de l'enveloppe. Dans un PEA ou une assurance-vie, la capitalisation est franche d'impôt tant qu'il n'y a pas de retrait. Sur un compte-titres, les dividendes distribués sont imposés chaque année, mais un ETF capitalisant n'est imposé qu'à la revente.
Pour un horizon long et un portefeuille diversifié en actions, 5 % à 7 % brut est un ordre de grandeur raisonnable, à minorer des frais et de la fiscalité. Pour un fonds en euros, retenez plutôt 2 % à 3 %. Raisonnez toujours net d'inflation.
Considérable sur longue durée : 1 % de frais annuels sur un rendement brut de 6 % ampute le capital final d'environ 22 % au bout de 30 ans. C'est souvent plus lourd que l'écart de fiscalité entre deux enveloppes.
En rendement réel, c'est-à-dire net d'inflation. Un placement à 5 % dans un environnement d'inflation à 2 % ne fait progresser le pouvoir d'achat que de 3 % par an. La calculatrice affiche un résultat nominal ; retranchez l'inflation anticipée pour juger du gain réel.
Avec des intérêts simples, les intérêts sont toujours calculés sur le capital initial. Avec des intérêts composés, ils s'ajoutent au capital et produisent eux-mêmes des intérêts. Sur 10 000 € à 5 %, l'écart est de 1 300 € au bout de 10 ans mais dépasse 40 000 € au bout de 40 ans. La plupart des placements (livrets, fonds euros, actions réinvesties) fonctionnent en intérêts composés.
Peu. Sur 10 000 € à 5 % pendant 20 ans, on obtient ≈ 26 530 € en capitalisation annuelle, ≈ 27 130 € en mensuelle et ≈ 27 180 € en quotidienne. L'écart annuel/mensuel est d'environ 2 % ; au-delà du mensuel, il devient négligeable. Le taux effectif annuel d'un 5 % capitalisé mensuellement est d'environ 5,12 %.
Oui pour les dettes à taux élevé. Rembourser un crédit à 20 % procure un rendement certain de 20 %, très supérieur à ce qu'un placement rapporte. Les intérêts composés jouent contre l'emprunteur exactement comme ils jouent pour l'épargnant : un revolving à 20 % double le capital dû en moins de 4 ans.
Transparence, méthodologie & sources
Méthodologie & limites
Voir la méthodologie complète (formules, hypothèses, cas non modélisés). Pour une simulation officielle, utilisez le simulateur de l'administration sur impots.gouv.fr.
Conseil & validation professionnelle
Gesmine-Invest Limited n'est pas enregistré à l'ORIAS et n'a pas le statut de conseiller en investissements financiers (CIF). Les résultats ne constituent pas un conseil personnalisé. Avant toute décision, consultez un conseiller en gestion de patrimoine (annuaire de la CNCGP) ou un avocat fiscaliste.
Code source auditable
Les formules sont publiques sur le dépôt GitHub.